3 questions qui dérangent (un peu)… et qui méritent de vraies réponses !
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Il y a quelques jours, j'avais le plaisir de présenter ma conférence « Comment les grandes surfaces nous enfument », à l'occasion des 10 ans du Petit Marché Bio de Habay. 🎉
Nous y avons soulevé quelques coins du tapis de la grande distribution… Mais mon moment préféré, c'est celui des échanges avec vous ! Questions, réflexions et surtout cette envie commune de mieux comprendre ce que nous mettons dans nos assiettes. ❤️

Trois questions ont particulièrement marquée. Alors, c'est parti pour la première ! 😊
« On a quand même de bons produits locaux dans la région. Pourquoi choisir du bio ? Qu'est-ce que ça change ? »
Mais oui, nous avons de formidables producteurs dans notre région ! ❤️
Mais local et bio ne nous donnent pas la même information.
Le local nous renseigne sur la provenance d'un produit. Le bio, lui, nous renseigne sur la manière dont il a été produit, transformé et commercialisé, selon un cahier des charges précis.
Et nous avons beaucoup de chance en Province du Luxembourg, avec une part importante de nos terres cultivée en bio. À titre d’exemple, 53 % de la surface agricole de la commune de Virton est certifiée bio ! La Ferme de Hamawé, la Ferme de Habaru, la Chèvrerie du Hayon, la Ferme de Pâques, les Filles Bonhomme, P'tite Nature,... pour ne citer que quelques uns des producteurs avec lesquels nous travaillons toute l'année. Cela montre à quel point nous avons la chance d'avoir dans nos communes de nombreux acteurs engagés dans une agriculture durable 🌱

L’agriculture bio favorise la biodiversité, avec par exemple 30 % d’insectes pollinisateurs en plus dans un champ certifié bio. 🐝
Donc oui, privilégions le local ET le bio, parce que cultiver chez nous sans produits chimiques de synthèse, sans engrais ou boues chargés en PFAS, c’est important !
« Le bio, ça n’a plus de sens aujourd’hui, c’est un peu comme le greenwashing, les valeurs ne sont plus là… »
On peut bien sûr souhaiter que le cahier des charges bio européen soit plus exigeant. Mais il a un avantage essentiel : il repose sur des règles et des contrôles indépendants, différents et bien plus poussés que ceux de l'AFSCA. 🔎
En agriculture biologique, la pulvérisation des pesticides de synthèse couramment utilisés en agriculture conventionnelle est interdite, tout comme l'utilisation des engrais de synthèse habituels. La prévention et les méthodes naturelles sont privilégiées, ce qui demande souvent aux producteurs de se former et de s'adapter. Les techniques de production telles que l’ajout d’hexane ou de dichlorométhane y sont interdites.
Saviez-vous qu'un poulet bio ne peut recevoir qu'un seul traitement vétérinaire chimique de synthèse, antibiotiques compris, durant son cycle de vie, sans perdre son statut bio ? Pour une vache, c'est trois traitements sur douze mois. 🐔🐄
Au-delà, l'animal doit évidemment être soigné, mais son statut bio est remis en question. Les vaccins et les traitements antiparasitaires ne comptent pas dans ces limites.
Pour arriver à produire dans ces conditions, les producteurs ont souvent besoin d’être formés et/ou accompagnés. Car les contrôles sont rigoureux : factures, achats, stocks, nettoyage, traçabilité… Tout est passé au crible ! Des échantillons sont régulièrement prélevés pour analyse. Les contrôles sont au minimum annuels pour tous les opérateurs concernés, avec des visites inopinées. 📋

Producteurs, transformateurs, grossistes, la majorité des opérateurs du bio sont soumis à ces contrôles externes, qui sont payants quelle qu’en soit l’issue… Seuls les commerces et supermarchés qui vendent uniquement des produits bio emballés échappent à ces contrôles. Chez Épices & Tout, notre activité de vente de produits bio en vrac est elle aussi contrôlée.
D’ailleurs, vous pouvez contrôler vous-même si votre producteur est bien certifié et découvrir tous les producteurs de chez vous sur ce portail européen.
Parce que nous ne pouvons pas suivre chaque étape de fabrication d'un aliment, le label bio nous apporte une garantie vérifiable, qui ne dépend pas uniquement de la confiance accordée à une personne ou à une étiquette séduisante. 🌱
« Manger local, que ce soit chez le producteur ou l’épicier, c’est cher. »
Lorsque le budget est limité, il est plus important que jamais de ne pas se laisser convaincre par des arguments qui sont bien plus souvent le résultat d’un endoctrinement publicitaire massif plutôt que d’une analyse réelle des prix. 💶
Est-ce que vous trouverez des produits chez le producteur ou chez Épices & Tout qui sont moins chers que le produit que vous avez l’habitude d’acheter ? Oui, clairement. Est-ce que tous les produits sont moins chers ? Non (et il y a souvent une raison). Mais il n’y a aucun supermarché qui est d’office toujours moins cher. Et je vous vois venir, j’ai aussi des prix qui sont moins chers chez Épices & Tout que chez Col**yt. 😉

En réalité, beaucoup de facteurs influencent de façon considérable notre budget alimentaire. Déjà, vous ne serez jamais tentés par un paquet de TUC ou un paquet d’Oreo en allant faire vos courses sur un marché de producteurs. Vous n’achèterez jamais six pommes alors que vous n’en avez besoin que de deux si vous achetez en vrac. 🍎
Certains produits, par leurs qualités, sont nettement plus rassasiants que d’autres. Saviez-vous par exemple qu’une étude a démontré qu’en moyenne, on mangeait 500 kcal de plus par jour lorsque l’on s’alimente de produits ultra-transformés ?
Que penser d’un pain dont la mie semble parfois tout aussi légère qu’une barbe à papa, et qui est sec le lendemain ? Est-ce qu’un pain de meilleure qualité, qui se gardera plusieurs jours et nourrira bien mieux, est un moins bon investissement parce qu’il est un peu plus cher ? 🍞
Le seul conseil que je peux vous donner, c’est : faites le test un mois, puis faites les comptes ! Vous serez surpris.
Les clients qui font toutes leurs courses chez nous sont en tout cas unanimes : ça ne coûte pas plus cher, mais par contre, qu’est-ce qu’on mange bien ! ❤️